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Le grand départ, nous l’avons souvent qualifié, parfois imaginé, idéalisé. En tout cas nous sommes tous les deux très fatigués mentalement et physiquement, d’avoir voulu partir « comme il se doit » en ayant fait un coucou avant de partir à nos proches, soit en passant un moment ensemble, en se passant un coup de fil ou juste en ayant une pensée. Cela nous a pris beaucoup d’énergie car il nous est apparu important de dire au revoir même si nous ne partions pas si longtemps finalement.

Les idées et peurs de chacun ont alimenté chez nous une liste de choses à faire avant de partir, expliquer à nos proches notre future parenthèse de vie, essayer d’évacuer les inquiétudes qui nous ont été apportées – les nôtres aussi, passer du temps avec nos proches.

Est alors arrivé le grand jour, le 8 septembre (nous n’avons plus compté le nombre de fois que nous avons prononcé cette date). Réveil assez matinal, café, hop dans la voiture, les vélos chargés derrière la voiture des parents de Julien, un carton de vélo qui touche ma tête, la route vers Roissy, les derniers coups d’œil à nos paysages familiers.

Les parents de Julien sont solidaires avec nous jusqu’au bout, nous aident à caser les vélos dans les cartons, gardent un œil sur nos affaires que nous aurions laissé sans surveillance en étant que nous deux. Camille passe un dernier coup de fil à ses parents, il est rapide, c’est dur de raccrocher mais il faut bien le faire, et quitter ce morceau de vie.

L’enregistrement des bagages et des vélos se fait à temps, ni trop en avance ni trop en retard, nous sommes contents de les quitter et espérons les revoir en arrivant à Bogotà, bien que nous ne soyons pas dupes, il y a quand même une grande probabilité qu’ils ne nous suivent pas vraiment à la trace. Nous y sommes préparés et cela nous fait même sourire, nous rappelle notre premier « grand voyage » à vélo ensemble en Corse en 2017 (pas de vélo de Julien en arrivant à Bastia).

L’euphorie du départ laisse place à une gorge serrée à l’aéroport quand il s’agit de faire les derniers aurevoirs, nous pensons aussi à tous ceux qui ne sont pas ici mais nous sommes soulagés de ne pas avoir à faire des aurevoirs comme ceux-là à tout le monde, c’est trop d’émotion.

Pas de turbulence, on mange de la nourriture enfermée dans des boîtes en plastique, on regarde un film ou deux sur les écrans de l’avion, on fait un dodo, 7h plus tard nous sommes à Toronto.

Une escale à Toronto comme pour garder encore un peu un peu dans un monde qui nous paraît familier, peut-on encore l’appeler l’Occident ? Tout est lisse, tout est propre, nous nous sentons « en sécurité », parce qu’il y a Starbucks, sûrement ?

Puis nous prenons l’avion qui nous mène à Bogotà, les annonces se font en anglais, espagnol et français (nous voyageons avec Air Canada). Encore un pied dans un environnement familier… 😊

Arrivée sur le sol colombien

Nous arrivons alors à l’aéroport de Bogotà, le douanier fait un clin d’œil à Camille (peu banal pour un douanier qui d’habitude se cantonne à tamponner avec un salut bref), ils sont sympas les colombiens ! Un tampon et voilà nous sommes acceptés pour 3 mois dans un pays dont nous avons tout à apprendre.

Petit couac, pas de vélo, pas de bagage à l’arrivée. Nous remplissons un formulaire, nous prenons le premier taxi qui vient (on paye toujours trop cher le premier taxi… c’est la classique du touriste !), nous nous affalons dans l’Airbnb réservé quelques jours auparavant, en fait nous venions de vivre deux journées en une avec le décalage horaire.

10h de sommeil plus tard, nous ouvrons les PCs et téléphones pour remplir les formalités administratives des retards de bagages, etc. Nous les récupérerons le lendemain livrés à notre porte.

Premiers pas en Colombie

Camille se demande comment se passera la sortie de l’aéroport, alimentée par sa dernière expérience en arrivant à Dakar, inondée de gens autour proposant toutes sortes de services plus inutiles que les autres, dans un vacarme l’empêchant de penser correctement. Sans le savoir nous retrouverons un esprit similaire autour de Carthagène, cela est bien loin de nous réjouir.

Ici tout le monde paraît tranquille, les allées et venues ne semblent pas intéresser grand monde, nous nous sentons bien. En réalité l’aéroport est plutôt aseptisé, presque acculturé. Les autorités semblent avoir mis le paquet pour effacer la réalité de ce qui allait nous attendre dans la ville. Cela dit, l’aéroport est assez loin du centre de la ville, le sas de décompression est possible.

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Catégories : Colombiepensées

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